La Pesanteur et la Grâce

« Un Sanctuaire pour Artistes au Coeur de la Ville »

Lieu
France, Vaux-en-Velin
Année
2024
Typologie
Espace d'exposition, ateliers et logements d'artistes
Période
Fév – Mars 2024

Une architecture de la tension, reflet du rapport au monde de l’artiste : entre retraite créative et isolement, et nécessaire immersion dans la communauté humaine pour y puiser matière à inspiration.

Implanté dans un tissu parcellaire dense, La Pesanteur et la Grâce explore la cohabitation complexe entre artistes en résidence, visiteurs et exposants au sein d’un espace contraint. Le site de projet se situe à Vaulx-en-Velin, une commune périphérique de la métropole de Lyon, dans un territoire à l’interface entre un tissu industriel réminiscent et de nouveaux ensembles résidentiels récents. La parcelle se trouve légèrement en retrait d’une noue végétalisée piétonne et cyclable au nord, issue d’un premier travail urbain en début d’année.

Le partiI.

Pour répondre à ces aspirations plurielles, le projet déploie une composition stratifiée qui sépare radicalement les fonctions publiques au rez-de-chaussée des sphères privées dans les étages. L’architecture s’y exprime à travers une dualité poétique : un socle public massif et aveugle en brique, symbole d’enclosure et d’ancrage, porte une ossature en bois fine et délicate abritant les ateliers et les logements. Entre ces deux mondes, des terrasses plantées offrent une respiration propice à la rencontre. Cette tension matérielle entre masse et légèreté incarne la posture même de l’artiste, à la fois retiré dans son intimité créative mais aussi grand observateur du monde depuis ses verrières orientées au nord sur une avenue passante. Poussé jusqu’à l’échelle du détail constructif, le projet mobilise des matériaux durables et exigeants, traduisant la rigueur d’une double culture d’architecte-ingénieur au service d’un lieu où la contemplation nourrit la création.

Site et organisation des fonctionsII.

II.01

Plan de situation du projet

Le site de projet se situe à Vaux-en-Velin, une commune périphérique de la métropole de Lyon, dans un territoire à l’interface entre un tissu industriel réminiscent et de nouveaux ensembles résidentiels récents. La parcelle se trouve légèrement en retrait d’une noue végétalisée piétonne et cyclable au nord, issue d’un premier travail urbain en début d’année.

II.02

Plan du rez-de-chaussée

Le rez-de-chaussée correspond à la partie massive, avec des murs en béton et des parements en terre cuite, comme l’exprime le poché du plan. On y retrouve les espaces d’exposition, organisés autour d’un patio central, qui s’inspire du plan d’un cloître d’abbaye. Le parallèle formel fait écho à la retraite quasiment spirituelle de l’artiste dans ses moments de pure création.

II.03

Plan du R+1 - Espaces de déambulation

Ce plan du R+1 présente les espaces de déambulation situés au-dessus des espaces d’exposition. De part et d’autre du vide marqué par le cloître, on retrouve deux noyaux de circulation verticale qui permettent de passer des étages à la rue. Des jardins permettent de connecter en partie est les logements dont on voit les escaliers au sud, aux ateliers situés au nord, desservis par un seul et même escalier.

II.04

Élévation de la façade nord

Cette élévation de la façade nord permet d’apprécier la façade principale de l’édifice tel qu’il est perçu depuis la noue végétalisée qui se trouve au nord. On observe notamment le dialogue entre la masse aveugle du rez-de-chaussée, percée en son centre pour donner accès au cloître, et l’ossature plus légère des étages dont la naissance se fait au niveau du sol grâce aux poteaux en bois-lamellé collé qui descendent le long de la façade.

Les espaces intérieursIII.

III.01

Axonométrie Constructive

Cette axonométrie constructive permet d’apprécier la manière dont les différentes couches en façade s’organisent autour d’une structure bois. Les façades présentent une matérialité alliant organicité et minéralité, entre bardage à claire-voie en châtaigner, persiennes amovibles en zinc, menuiseries mixtes bois-aluminium et tuiles en terre cuite.

III.02

Plan des logements en duplex R+2

Cette vue rapprochée présente le premier niveau des logements en duplex. On retrouve à l’entrée l’escalier qui donne accès aux espaces nuits à l’étage. Salon et cuisine sont en enfilade et donnent sur une loggia au sud, dont la casquette limite un ensoleillement sud trop important en milieu de journée.

III.03

Plan des logements en duplex, R+3

L’étage du duplex est composé de deux chambres et d’une salle de bain, desservis par un même palier. Les murs entre logements sont faits d’une ossature bois d’épaisseur importante, avec un remplissage en laine de chanvre - de sorte à maximiser l’emploi de matériaux biosourcés.

III.04

Coupe longitudinale sur les espaces d'exposition au rez-de-chaussée

Cette coupe réalisée dans la longueur du complexe permet de comprendre les rapports de hauteur entre les espaces massifs du rez-de-chaussée et les espaces privés dans les étages. Au centre, on distingue les jardinières du jardin suspendu, entrecoupées de vides permettant de créer des zones d’ensoleillement indirect pour les espaces d’exposition situés en dessous.

III.05

Coupe transversale sur les ateliers d'artistes

Cette coupe transversale réalisée sur les ateliers et la percée du cloître permet d’apprécier les grandes dimensions des ateliers d’artistes. Des percées en toiture s’associent à de larges ouvertures vitrées au nord afin d’offrir une lumière naturelle diffuse et constante. Un réseau de persiennes modulables permet d'ajuster l’ensoleillement comme le degré d’intimité souhaité.

III.06

Coupe de détail sur les ateliers d'artiste

Cette coupe de détail sur la toiture des ateliers présente la manière dont ont été imaginés les détails constructifs. Les ateliers présentent une grande hauteur grâce aux toitures à pignon, permettant d’y loger une mezzanine.

VisionIV.

IV.01

Collage Extérieur - Les espaces de déambulation et le dialogue entre masse et ossature

On lit bien sur ce collage la différence de traitement entre des espaces publics qui occupent une base massive et aveugle sur l’extérieur, et des logements et des ateliers qui se déploient à l’étage. Entre les deux, des terrasses plantées servent de transition, espaces propices à la halte comme à la rencontre entre occupants des lieux.

IV.02

Collage - Espaces d'exposition intérieurs

Vue des espaces d’exposition intérieurs, qui expriment au dedans la masse visible du dehors. L’apport solaire est maîtrisé entre les ouvertures au plafond agrémentées de larges brise-soleil incurvés, et les fenêtres cintrées donnant sur le cloître. Notre composition ancre le bâtiment dans son site et son contexte paysager, avec de puissants murs de brique qui symbolisent à la fois l’enclosure et la protection — écho au sanctuaire intérieur de l’artiste, là où la création naît dans l’intimité.